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Investir dans la stabilité résidentielle

Consultations prébudgétaires fédérales : Investir dans la stabilité résidentielle pour mettre fin à l’itinérance 

Par Alexandre Lampron, directeur des affaires publiques – MMFIM  

Pour mettre fin à l’itinérance, nous devons agir en priorité sur l’accès et le maintien en logement.  

À Montréal comme ailleurs au Québec, l’itinérance révèle les limites d’une approche qui intervient trop souvent lorsque les situations sont déjà devenues critiques. Devant cette crise humanitaire, il est temps de faire évoluer notre façon d’agir : prévenir les ruptures résidentielles, faciliter les sorties durables de l’itinérance et créer les conditions permettant aux personnes de demeurer en logement. 

C’est dans cet esprit que le Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal (MMFIM) a invité le gouvernement fédéral, dans le cadre de ses consultations prébudgétaires, à faire de la stabilité résidentielle un pilier de sa stratégie nationale en matière de logement et d’itinérance. 

Les données témoignent de l’urgence d’agir. Pour les personnes les plus vulnérables, l’accès à un logement abordable et la capacité d’y demeurer durablement sont deux défis indissociables. Lorsque les loyers deviennent inabordables, que les revenus ne suivent pas les coûts et que les ressources d’accompagnement sont insuffisantes, une rupture résidentielle peut conduire à l’itinérance.  

Trois leviers de l’action fédérale 

Prévenir cette rupture doit devenir une priorité collective. 

Placer la stabilité résidentielle au cœur de nos investissements publics permet de prévenir de telles ruptures tout en réduisant l’itinérance. Pour y parvenir, trois leviers doivent guider l’action fédérale. Ces trois priorités sont détaillées dans le mémoire prébudgétaire déposée récemment par le MMFIM.  

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D’abord, le MMFIM propose une Initiative montréalaise de stabilité résidentielle, financée à long terme, pour soutenir la prévention des pertes de logement, les sorties durables de l’itinérance et le maintien en logement. Un financement prévisible permettrait de consolider les interventions et de mieux arrimer les ressources aux besoins des personnes.  

Ensuite, le gouvernement fédéral doit accroître la part des investissements de Maisons Canada, qui est consacrée au logement social, communautaire, coopératif et hors marché. La création d’un fonds permanent d’acquisition et de préservation des logements abordables contribuerait également à protéger le parc existant et à maintenir des logements accessibles. 

Enfin, les organismes communautaires doivent pouvoir compter sur des ententes de financement pluriannuelles, prévisibles et indexées au coût de la vie. Partenaires névralgiques de la stabilité résidentielle, ils assurent la continuité des services, l’accompagnement et le lien de confiance nécessaire pour prévenir les ruptures et favoriser des parcours résidentiels durables. 

L’inaction a aussi un coût considérable. Selon les estimations récemment rendues publiques par l’Union des municipalités du Québec (UMQ), l’itinérance représente plus de 1,1 milliard $ par année en coûts pour les services publics québécois. 

Ce constat rappelle donc que la prévention et la stabilité résidentielle sont aussi des investissements collectifs, dont les retombées dépassent le seul secteur du logement. 

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